Pasteur en grève : compte-rendu de la journée du 2 février Les grèvistes ont rencontré l’Inspecteur d’académie dans l’après-midi, puis organisé une rencontre publique à18h30 pour expliquer les raisons de leur action

, par sud éduc 09

En grève depuis le vendredi 29/01, les enseignants du collège L. Pasteur à Lavelanet ont décidés de poursuivre leur mobilisation. Leur motif, dont la légitimité est évidente, repose sur les prévisions sur la DHG pour la rentrée 2016. Depuis 4 ans ils bénéficiaient d’une dotation de 36h supplémentaires dans le cadre de leur classement en R.E.P.. Cette dotation, bien qu’insuffisante, leur avait permis avec beaucoup de volonté et de travail de mettre en place des dispositifs d’aides aux enfants dont l’efficacité et les bénéfices sont reconnus. Le collège a par ailleurs été pilote sur de nombreux projets et ce avec succès.

Dans le cadre de la nouvelle dotation ces 36h disparaissent, réduisant à néant 4 années d’efforts et de travail. Dépit et colère les ont conduits à se mobiliser pour refuser cet état de fait. Les parents informés et reconnaissant la légitimité de leur mouvement, se sont naturellement mobilisés auprès d’eux. Après une entrevue infructueuse le vendredi soir auprès du DASEN, ils ont décidé d’un commun accord de poursuivre le mouvement. Le blocage de l’établissement s’est fait le lundi matin par les parents. La presse informée, déjà présente le vendredi, a relayé l’information par des articles de presses et deux reportages télévisés.

Le mardi, les enseignants ont repris la grève dans l’attente d’une audience auprès de Mme la rectrice. Spontanément, M. Kamel Chibli, vice-président de la Grande Région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, en charge de l’éducation, la jeunesse et le sport et secrétaire national du PS, est venu rencontrer l’équipe et leur assurer tout son soutien. M.Chibli a eu une discussion avec la rectrice et espère avoir été entendu. L’après-midi du mardi le DASEN a voulu rencontrer la principale et les enseignants. A 15h la réunion s’est tenue, pas plus fructueuse que celle du vendredi. Les enseignants ont même eu du mal à s’entendre dire qu’ils n’avaient rien compris que leurs calculs étaient faux, et qu’ils devaient s’estimer heureux car ils étaient fort bien dotés au vu des chiffres qu’il présentait. OUAAAAHHH !!!! Des enseignants qui ne comprennent rien…… et qui ne savent même pas compter !!!…. Mais à qui confie-t-on nos enfants ???

S’en est suivi une réunion publique, organisée à l’initiative des enseignants, avec le soutien de la Mairie de Lavelanet, à laquelle étaient conviés les parents d’élèves et habitants de la ville, à 18h30 dans une salle à proximité de l’établissement. Et là, surprise, agréable surprise, entre 55 et 60 familles se sont déplacées pour entendre les motivations des enseignants. Attentifs à ce qui leur était présenté, ils ont ensuite fait des remarques et posé des questions fort pertinentes ; y compris celles émanant d’un enfant qui constatait et s’inquiétait de voir un atelier disparaître, atelier auquel il doit participer sans doute. La démonstration faite par l’un des enseignants et complétée par les autres étaient très limpide et très explicite : je l’ai même enfin comprise :-)

La principale du collège, sollicitée, est venue expliquer sa position devant les parents. Je tenais au passage à la rassurer quant à la lettre à la rectrice : en apposant sa signature avec le « sous couvert de... », elle n’a fait que respecter la procédure réglementaire que l’on nomme « la voie hiérarchique ». Il est indispensable de la respecter au risque de, au mieux, se le voir reprocher si ce n’est pas fait ; au pire de se voir refuser la ou les demandes formulées.

Au terme de la réunion, les enseignants ont décidé de reconduire la grève le mercredi soutenus en cela par les parents (les représentants élus au C.A. seront reçus le jour même à 17h30 par le DASEN). Les parents d’élèves s’organisent pour continuer la lutte par d’autres moyens.

Pour ces raisons, Sud Éducation Ariège est et sera aux côtés des enseignants et des parents dans cette lutte. Considérant qu’une fois encore ce sont les plus démunis qui font les frais d’une politique éducative sans lendemain, qu’affectés par une situation économique désastreuse dont les premières victimes sont encore et toujours les enfants, ils se voient, à travers ces orientations, infliger la double peine socio-économique et éducative.

Le SAVOIR est un DROIT, comme la santé, le logement, le travail etc.… C’est ce droit que nous devons faire respecter dans le cadre de cette lutte.