Maintenant, nous voulons que nos temps partiels soient accordés Témoignages recueillis par SUD éduc 09 sur les refus de temps partiel dans les 1er et 2nd degrés.

, par sud éduc 09

LETTRE DE MOTIVATION JOINTE A LA DEMANDE

J’enseigne l’anglais depuis 15 ans. J’ai à présent 37 ans. Je me suis consacrée pleinement à mon travail pendant toutes ces années, au détriment de mes passions, pourtant très complémentaires de mon métier : le chant, le théâtre et la danse.
Le mois dernier j’ai assisté à deux jours de formation passionnante autour des techniques théâtrales au sein des formations du PAF. Cela a relancé mon désir de renouer avec mes passions mises de côté, faute de temps, à la fois pour mon développement personnel mais également afin d’en tirer profit au maximum pour mon travail au quotidien et au bénéfice de mes élèves.
Je tiens à préciser que cette demande n’est pas un simple souhait de confort personnel, mais bien une réelle nécessité. Il ne s’agit nullement d’une négligence de ma part vis-à-vis de mon travail, bien au contraire. Je suis pleinement investie dans mon rôle d’enseignante et d’adulte de l’établissement, dans lequel j’exerce depuis 12 ans. Je suis généralement professeur principal et consacre sans compter le temps nécessaire à l’écoute et au suivi des élèves dont j’ai la responsabilité. Par ailleurs, je suis membre active au Conseil d’Administration, présidente de l’Amicale du personnel, organisatrice de voyages scolaires, et impliquée dans des projets novateurs (médiation par les pairs). Je suis soucieuse de participer régulièrement à des stages afin de continuer à me former et à innover dans mes pratiques pédagogiques.
Or, le désir d’innover et d’expérimenter dans mes pratiques nécessite du temps de recherches et de réflexion.
De plus, le métier d’enseignant demande un investissement de plus en plus important, dans son rôle éducatif, d’écoute et d’accompagnement des élèves, avec une demande accrue de différenciation et d’adaptation. J’ai à ma charge tous les ans environs 160 élèves, répartis dans des classes de plus en plus chargées. Les conditions de travail sont de plus en plus difficiles, face à des élèves qui manquent de repères, des familles déstructurées. Et tout ceci m’affecte à la fois physiquement et psychologiquement.
Je suis suivie cette année par une orthophoniste pour des problèmes liés directement à mon métier et au rythme effréné de mes journées et de mes semaines de travail. Elle me suit pour des problèmes de forçage des cordes vocales et des soucis de posture. Mon problème corporel et ma fatigue vocale sont très clairement liés à une sur-sollicitation, alors que j’aurais au contraire besoin de plus de repos. Le rythme d’un plein temps, est incompatible avec ce besoin de repos et ne me permet pas d’apaiser mes cordes vocales et d’être suffisamment détendue.
Ainsi, un meilleur équilibre entre mon temps de travail et mon temps libre et un rythme moins soutenu me permettraient de dégager du temps pour nourrir mes passions et développer mes talents personnels et me remettre sérieusement à chanter, à faire du théâtre et à en approfondir la maîtrise. Ces compétences sont un atout à mettre, selon moi, à contribution pour mes élèves. Cela me permettrait également d’être plus efficace sur la durée. J’ai fait un burn-out en 2012 et ai été arrêtée pendant 2 mois et demi. Je désire prévenir assez tôt une éventuelle rechute, et anticiper cela, par cette demande de temps partiel.

« Je pense que tout cela aurait pu être évité si la demande de temps partiel avait été acceptée. »

« REMARQUES » SUITE AU REFUS

Je souhaitais travailler l’année prochaine à 80 %. Je ne peux hélas pas prétendre à un temps partiel de droit, or ma demande est une réelle nécessité, mais ma lettre de motivation n’a visiblement pas suffit à le prouver.
Je trouve fort regrettable de constater le peu de considération apportée aux alertes que sont souvent les demandes de temps partiel, sur les conditions de travail qui se détériorent d’année en année pour les enseignants, et ce, au détriment des élèves, notamment des élèves en difficulté ; fort regrettable aussi, que les enseignants en poste, sollicités de toute part, soient contraints de devoir palier au manque de moyens, et ainsi voir leur bien-être personnel négligé.
Personnellement, je suis sans cesse tiraillée entre l’envie de bien faire mon travail auprès des jeunes, d’innover, d’accompagner au mieux mes élèves et la pression de l’institution, le manque de temps et de moyens et le rythme effréné qui m’épuise.
Je tiens à vous informer que je souhaite être reçue par un médecin du rectorat afin d’appuyer ma demande. Face au peu de temps imparti pour faire remonter mes remarques, cela n’a pu être fait à ce jour, mais cela sera fait dans les meilleurs délais et le constat joint à mon dossier.

PETIT TEXTE POUR LES TEMPS PARTIELS CHOISIS

Le temps de travail doit être un temps choisi, le moins possible imposé.

L’éducation et l’écoute demande de la disponibilité et pour certain.e.s il est nécessaire, utile, vital de pouvoir se ressourcer à l’extérieur ; ce temps libéré me permet de préparer, et corriger avec moins de pression, me permet d’être disponible pour ma famille, me permet de m’investir dans la vie de ma commune (je suis au conseil municipal) et tout cela et TRÈS important pour moi.

Le temps complet convient à certain.e.s et moins à d’autres. Pourquoi ne pas vouloir reconnaître les différents besoins des personnels ?

Ce refus systématique parait comme un déni de soi, de ses besoins, de ses possibilités. 
Ce que je trouve très regrettable est que, je pense, l’humain ne peut pas fonctionner correctement en se sentant oppressé et méprisé : c’est ce que je ressens quand j’attends avec angoisse les résultats d’une CAPD qui va décider de ma vie pour la rentrée prochaine. Oui mes enfants ont plus de trois ans.... et alors… ? Je dois les accompagner à l’école, aller les chercher, prendre des rendez-vous avec leurs professeurs. 
En espérant que ces mots recevront un écho auprès de mes collègues décideurs !

« Pourquoi doit-on attendre d’avoir un dossier médical et donc d’être malade pour avoir le droit de se reposer et de prévenir ainsi la maladie ? »

TÉMOIGNAGES SUR L’IMPACT D’UN REFUS DE TEMPS PARTIEL

Nous sommes au mois de mars et pourtant déjà je m’inquiète de la rentrée qui vient. Je ne suis pas sûre que ma demande de travail à mi-temps soit acceptée. En effet, mon fils aura 3 ans dans l’année scolaire et ce temps partiel ne sera plus de droit… pourtant, c’est bien maintenant, avec des enfants petits que j’ai besoin de travailler que partiellement. Enchaîner travail et vie de famille avec de jeunes enfants est épuisant. Je sais que je ne donnerai, ni à mes élèves, ni à mes enfants le meilleur de moi-même en étant fatiguée. C’est pour cela que j’ai fait cette demande de temps partiel.
En remettant en question la possibilité de travailler partiellement, l’administration me met en difficulté par rapport à mes choix de vie.

Avec un rythme trop lourd, contraire à mes vœux, pourtant mûrement réfléchis vu l’impact financier d’un temps partiel, je sais déjà que je vais peiner. Les angoisses sont déjà là et je recommence à faire des insomnies. Je trouve mon travail exigeant, stressant, difficile psychologiquement parfois… J’ai besoin d’être solide pour mener une année scolaire de qualité. Et pour cela, au vu de ma situation personnelle, j’ai pris la décision nécessaire pour avoir des conditions de travail correctes.
Si, pour des raisons budgétaires, on estime pouvoir décider pour moi de ma quotité de travail, en me demandant d’en faire plus que je ne le peux sereinement, il est évident que ma santé physique et psychologique, ma vie de famille, la qualité de mon travail et le rayonnement de notre école publique en seront conjointement affectés.

Il serait aussi possible de faire confiance à ma demande, à ce que j’estime être adéquat dans ma vie, sans que ce soit interprété en demande de confort car ce n’est pas un confort mais un besoin. C’est bien par besoin en effet qu’on se contente d’un salaire partiel, vu que le coût de la vie reste entier…
Je demande à ce que mon employeur respecte mes choix de vie en respectant ma demande de temps partiel.

TEMPS PARTIEL

Je tiens à préciser que ma demande de temps partiel se fait par défaut en raison de la surcharge de travail, le stress, la volonté d’exercer ma fonction au mieux et de la diminution du salaire subis.
Ces refus sont incompréhensibles car tout le monde a à y gagner :
- l’enseignante qui est plus performante
- les élèves qui ont un enseignant plus serein
- l’administration qui n’a pas à gérer des arrêts inopinés.
Je ressens un irrespect de ma personne, de mes besoins et de notre profession quand le temps partiel est refusé.
J’ai reçu un refus pour mon temps partiel pour raison médicale.
Je suis allée à la médecine de "prévention" qui n’a plus de prévention que le nom !
J’ai tenu à temps plein mais dès le commencement des vacances d’été, j’ai eu de graves problèmes de santé qui s’annonçaient déjà les années précédentes. J’ai alors été arrêtée pendant plusieurs mois à la rentrée et je n’ai toujours pas recouvré ma pleine santé.
Je pense que tout cela aurait pu être évité si la demande de temps partiel avait été acceptée.

REFUS DE TEMPS PARTIEL

Je suis enseignante de philosophie en lycée et souhaite vous informer des difficultés que les enseignants rencontrent quand ils souhaitent se mettre à temps partiel. Après 30 ans d’enseignement et à l’âge de 54 ans je commence à fatiguer. J’ai donc demandé un temps partiel pour la prochaine rentrée scolaire mais celui-ci m’a été refusé pour raison de service et manque de remplaçant-e-s. Comme si le gouvernement n’avait aucun candidat supplémentaire à admettre aux concours ou qui postulent comme contractuels !

Cette nouvelle m’a beaucoup affectée et j’ai dû prendre un des premiers arrêts de travail de ma carrière. Je vous transmet ci joint la lettre que j’ai adressée au rectorat via le proviseur du lycée afin que vous soyez informé-e-s de la situation présente et à venir au cas où le refus soit maintenu. Plutôt que de soupçonner les fonctionnaires de paresse (jour de carence) il serait préférable, au moins pour les finances publiques, de songer à leur santé. Pour ma part je n’attendrai pas de somatiser avec un cancer pour demander des arrêts de travail à chaque fois que je me sentirai épuisée.

Et c’est encore un cadeau fait à des employeurs cyniques car ces arrêts ponctuels sont ce qui nous permet de tenir et de fournir encore un travail de qualité pour les élèves au sein d’un système anxiogène : plutôt que de se lancer dans une énième réforme, toujours plus libérale, pourquoi ne réduit-on pas le nombre d’élèves par classe ainsi que les programmes ?! Tout est fait pour nous épuiser à tous les sens du terme mais les coupables ce devrait encore être nous ! Et bien non qu’ils ne comptent pas sur moi pour culpabiliser ou “tenir” à coup d’antidépresseurs !

« Demande de temps partiel : les collègues n’ont pas à subir la pénurie d’enseignants ! »

PUNITION : RECOPIE 100 FOIS TA DEMANDE DE TEMPS PARTIEL

Je fais une demande de temps partiel parce que je suis fatigué et n’arrive pas à assurer un temps de travail complet.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai envie de pouvoir m’occuper de mes enfants et jouer avec eux quand ils me le demandent.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai besoin d’avoir du temps pour préparer mes cours sereinement et ne pas être constamment dans l’urgence.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai plus d’une heure de transport pour me rendre sur mon lieu de travail et que la répétition de ce trajet m’épuise.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai envie de pouvoir faire mon métier correctement et que je n’y arrive pas à temps complet car je n’en ai pas le temps.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai envie d’avoir du temps pour moi, parfois.
Je fais une demande de temps partiel parce que je préfère gagner moins et vivre mieux.
Je fais une demande de temps partiel parce que je ne veux pas perdre ma vie à la gagner.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai envie de partager le temps de travail.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’aimerai pouvoir décider de mon rythme de travail.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’en ressens le besoin physique.
Je fais une demande de temps partiel parce que mon corps se rappelle à moi et que je ne veux pas subir la maladie et le mal-être engendrés par une surcharge de travail.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai envie de voyager.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai envie de rêver.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai mal au dos et à la tête.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai trop souvent de puissantes migraines qui me laissent sans force quand je rentre du travail.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’ai envie de me former à d’autres méthodes pédagogiques et que je dois le faire sur mon temps personnel, et encore faut-il avoir du temps personnel.
Je fais une demande de temps partiel parce que j’aimerais bien parfois ne pas réveiller mes enfants à 6h du matin pour être à l’heure à l’école.
Je fais une demande de temps partiel parce que je suis prêt à gagner moins d’argent pour être un peu plus riche en temps.
Je fais une demande de temps partiel parce que je m’implique dans des associations.
Je fais une demande de temps partiel parce qu’il y a une vie en dehors du travail.
Je fais une demande de temps partiel parce que tout ça.

MADAME, MONSIEUR LE RESPONSABLE DRH DU RECTORAT DE TOULOUSE
J’ai formulé cette année une demande de travail à temps partiel pour la rentrée 2018. Cette demande m’a été refusée au mois de mars mais je l’ai maintenue au cours de mon entretien avec le chef d’établissement.

Depuis cette première réponse négative mon état de santé s’est détérioré. C’est seulement l’espoir de poursuivre mon travail à temps partiel l’année prochaine qui me donnait l’énergie suffisante pour achever l’année scolaire en cours. En effet outre l’épuisement que je ressens à passer mes week-ends et mes vacances à corriger des copies il m’arrive aussi depuis quelques années d’avoir à enseigner dans des classes hostiles à la réflexion critique. Je ne le supporte plus, cela me déprime. En outre les élèves en général ont de plus en plus de mal à se concentrer alors que j’ai de plus en plus besoin de leur concentration sinon ma propre concentration disparait. Tout cela produit des conflits et des tensions que je ne connaissais pas avant dans mes classes. Dans un premier temps je n’avais motivé ma demande de temps partiel que de façon pédagogique (préparer l’agrégation interne à laquelle j’ai été deux fois admissible en plus de mes deux admissions à l’agrégation externe) mais mon principal soucis à travers cette motivation était déjà de réduire mon temps de travail.

Je reviens donc vers vous pour motiver plus clairement ma demande au vu des symptômes infectieux qui m’ont déjà assaillis suite au premier refus et pour lesquels un médecin a dû me faire un arrêt de travail de 3 jours. Veuillez trouver ci joint la lettre qu’il a jointe à cet arrêt.
Si je peux obtenir le temps partiel souhaité (12h heures reparties entre deux classes : une Terminale L et une Terminale S) je me sens capable de poursuivre un travail constructif et agréable avec les élèves mais je me sens incapable de continuer à travailler à temps complet. Je n’ai pas consulté des psychologues car les raisons de ma fatigue n’ont rien de mystérieux, c’est un épuisement professionnel dont le remède est simple : réduire mon temps de travail.

Je vous remercie de prendre acte de ces informations pour que les élèves de l’année prochaine ne soient pas pénalisé-e-s par mes très probables absences pour maladie au cas où je devrais encore exercer à temps complet.

Nous voulons que nos temps partiels soient accordés